La vigne en précision

Que vous soyez professionnel distribuant mes vins, particulier désireux d’en apprendre plus sur mon vignoble ou tout simplement curieux de savoir comment je cultive la vigne dans le pur respect des traditions, voici une page qui vous apprendra plus sur la conduite de mon vignoble.

Situation :

L’exploitation se situe à cheval sur les communes de Lesparre Médoc et Prignac en Médoc, au coeur de l’appellation. Le vignoble est d’un seul tenant et toutes les vignes se trouvent autour des bâtiments d’habitation et d’exploitation, en dehors de la ville.

Les sols :

Le vignoble étant groupé, les sols sont assez homogènes.
Ce sont des sols typiques du Médoc, c’est à dire des sols sablo-graveleux profonds. Cela présente l’avantage d’être assez drainant lors de fortes pluies.pied de vigne (1)

Le sous sol est argilo-calcaire et se trouve à une profondeur comprise entre 3 mètres et affleure par endroits. Cela à pour incidence de faire une réserve d’eau en profondeur, et évite à la vigne de trop souffrir lors de fortes sécheresses.

Les vignes :

  • Encépagement :
    l’encépagement traditionnel Médocain est composé majoritairement de Cabernet Sauvignon (environ 2/3 et de Merlot noir environ 1/3. D’autres cépages minoritaires sont aussi autorisés comme le Cabernet Franc, le Petit Verdot et le Malbec.
    Pour ma part, très attaché au respect des traditions et de la typicité de l’appellation, mon encépagement est réparti à :
    65% Cabernet Sauvignon

    Feuille de Cabernet Sauvignon

    30% Merlot Noir

    feuille de MLerlot Noir

    5% Cabernet Franc

    Feuille de Cabernet Franc

    Feuille de Cabernet Franc

    Le Cabernet apportant les tanins est donc le cépage qui donne aux vins du Médoc sa structure, sa puissance et son aptitude au vieillissement, et le Merlot vient « arrondir les angles » .

  • Densité :
    Afin d’avoir le droit de produire des vins d’AOC Médoc sur les parcelles classées en appellation outre les cépages autorisé précités, il faut respecter une densité de plantation minimum par hectare de 5 000 pieds.
    Pour ma part, la densité moyenne de l’exploitation est à 7 800 pieds par hectare. La densité élevée offre plusieurs avantages qualitatifs : La concurrence entre les pieds force ces dernier à puiser leurs ressources en profondeur, et ainsi souffrent moins de la sécheresse. Les rendement maximums autorisés sont fixés à l’hectare, quelle que soit la densité, une forte densité permet donc de réduire le rendement de chaque pied de vigne, et comme chacun le devine, moins un pied produit, meilleur il produit !
    Mais la forte densité a aussi des inconvénients essentiellement financiers. En effet, cela augmenter considérablement les temps de travaux à l’hectare et donc les coûts de production. De plus le matériel pour travailler dans les vignes dont l’écartement entre rangs est de 1 mètre est beaucoup plus cher (environ 30%) et nous devons travailler avec des tracteurs enjambeurs qui valent 5 fois le prix des tracteurs interligne. Mais la qualité à un prix, et ce métier étant tout d’abord ma passion, je ne m’inquiète que de la qualité 809

Les travaux viticoles :

  • La taille :
    J’ai conservé la taille traditionnelle bordelaise en guyot double, et adapté avec un soupçon de modernité puisque nous supprimons un bourgeons sur deux afin d’étaler au mieux la végétation et ainsi éviter l’entassement des grappes source de pourriture. Cela permet aussi d’avoir un maximum de surface de feuillage bien étalé, le feuillage produisant tout ce qui va « nourrir » les raisins.
    guyotdouble
  • L’entretient du palissage :
    Après la taille, il nous faut vérifier l’état d’usure de chaque piquet, et le remplacer si nécessaire, la solidité de chaque ceps de vigne qui n’a pas de piquet/tuteur pour en mettre un si besoin est, et réparer les fils de fer qui auraient cassé durant la saison précédente.
  • L’acanage et le pliage
    Ces deux daches consistent dans un premier temps à mettre un lien pour attacher le ceps de vigne au piquet/tuteur, et les bras un peu longs au fil de fer. Tous les liens sont vérifiés, et chaque année environ 1/3 est renouvelé.
    Puis vient le pliage, qui consiste à attacher le rameau de l’année précédente soigneusement sélectionné lors de la taille au fil de fer porteur, afin d’obtenir ce que vous avez sur le peit schéma précédent
  • Les travaux en vert :
    L’épamprage : Après la taille nous attendons la pousse de la vigne, dès le mois d’avril/mai, des rameaux gourmand vont pousser sur le tronc des ceps de vigne. Je passe avec le tracteur et une machine pour éliminer ces rameux qui puisent inutilement les ressources de la plante, puis à la main pour chaque cep, nous passons supprimer ces pampres sur la partie haute du plant qui n’est pas mécanisable. 1 à 2 passages mécaniques sont nécessaires et 1 à 3 passages manuels au fil de la saison, entre avril et juillet.
    Le relevage: en alternance avec l’épamprage, nous passons au fur et à mesure de la pousse lever les fils de fers mobiles, qui servent à maintenir le feuillage bien droit et bien exposé au soleil étalant ainsi sur le rang la végétation. 2 à 3 passages sont nécessaires, étalé de mail à juillet.
  • Le travail du sol :dans le respect du terroir, de la nature, des traditions et de l’environnement je n’utilise aucun désherbant chimique. Bien que très attaché aux traditions j’ai quand même troqué le cheval pour un tracteur ! Il y a deux façons profondes, une qui consiste à l’automne à « chausser », c’est à dire faire une butte de terre sous le rang avec des charrues, et l’autre au printemps qui est son opposé et remet à plat le sol avec des décavaillonneuses. Par la suite durant la saison je passe très régulièrement faire des façons superficielles avec des griffes et des interceps (pour labourer sous le rang entre les pieds de vigne) afin de maintenir des sols propres. Je fais entre 4 et 9 passages de labour par an, mais toujours dans un esprit de limiter la production de gaz à effet de serre je passe les griffes en même temps qu’un autre travail mécanique. Cela fait parfois ressembler mon tracteur à une usine à gaz mais bon, c’est pour la bonne cause !
    Le rognage : il s’agit là en fait d’un taille haie géant qui permet de couper tout ce qui dépasse et ainsi d’avoir de jolis rangs de vignes bien taillés au carré. Le rogna limite la quantité de feuillage, car le feuillage qui se trouverai à l’ombre d’autres feuilles n’est pas bien exposé à la lumière et est donc presque improductif. De plus le rognage permet aux produits de traitement de bien atteindre tous les organes de la plante et d’éviter le développement des « maladies » de la vigne. Le nombre de rognages est très variable en fonction des conditions climatiques de l’année qui conditionnent la pousse de la plante.
    L’effeuillage :je pratique l’effeuillage sur une face, coté levant. L’effeuillage se fait au niveau des grappes afin d’exposer celles ci à la lumière, qui favorise la maturation des tanins. De plus les grappes sont exposées au soleil dès le matin et sèchent plus rapidement, limitant ainsi le prolifération de la pourriture. Il peut arriver que sur certaine parcelle sensibles au botrytis je fasse courant août l’effeuillage de la seconde face limitant encore davantage l’humidité dans les grappes et donc la pourriture. Autre avantage de l’effeuillage, les vendangeurs voient mieux ce qu’ils font et vont plus vite !
    Les traitements :je gardais ce sujet délicat pour la fin !
    Depuis 1988 nous avons engagé la protection phytosanitaire des vignes sur le chemin de la lutte raisonnée, à l’époque ou ce terme existait à peine et ou il était de très mauvais ton.
    Que veut précisément dire cette expression de lute raisonnée ? Il s’agit tout d’abord de choisir parmi toutes le matières actives qui existent les moins polluantes voire les plus respectueuses de l’environnement, quitte à perdre en efficacité, sans pour autant prendre de risque démesurés. Ensuite ces dernières années, la recherche a fait énormément de progrès et a mis en place des modélisation des potentiels infectieux. Cela consiste à suivre, en connaissant parfaitement la biologie du parasite de la vigne (mildiou, oïdium, insectes) ainsi que la physiologie de la vigne, les conditions agroclimatiques. Fort de toutes ces données, nous savons que la vigne est sensible ou non à telle maladie ou tel parasite seulement à certains stades de son développement, permettant de ne pas lutter lorsque ce n’est pas nécessaire contre une maladie pour laquelle la vigne n’est pas encore ou déjà plus sensible. E fonction des conditions climatiques tous ces parasites et champignon ont ou non la possibilité de se développer et/ ou de contaminer la plante, et donc lorsque le risque est faible ou inexistant nous ne traitons pas.
    D’autre part en début de pousse de la vigne, nous réduisons les doses puisque nous n’avons que peu de surface foliaire exposée, réduisant encore les quantités de produits utilisés
    Cette philosophie de culture nous a permis de passer de 15 traitements par an il y a seulement quelques années à environ 7 traitements par an, avec au moins deux à trois traitement réalisés à demie dose.
    Voilà en résumé ma conduite vis à vis de la protection phytosanitaire.
  • Les vendanges:
    Tradition et qualité oblige, je vendange toujours à la main. J’embauche entre 25 et 35 personnes pour la récolte, selon que la pourriture est ou non présente et en fonction de l’urgence de vendanger.
    Les vendangeurs ont des consignes strictes pour ne pas ramasser de grappes pourries ou de grappes pas très mûres. Mais comme ils ont le nez dans le rang et que je leur demande d’avancer un minimum, il y a une table de tri directement sur la benne. Deux personnes de confiance et consciencieuses (dont une qui fait les vendanges chez nous depuis plus de 25 ans !) vont contrôler et éliminer ce que les coupeurs auraient put laisser passer. Ces sont donc des raisin très mûrs et parfaitement triés qui arrivent au chai.

Tous ces travaux (et encore, j’ai passé sous silence nombres de menus travaux et autres détails) nous occupent tout au long de l’année, et nous apportons le plus grand soin à chacun d’eux car c’est le soucis du détail, et l’addition de ces derniers qui fera la qualité des raisin et donc du vin.

N’oubliez surtout pas qu’il est facile de faire du mauvais vin avec de bons raisins, mais que seuls des raisins de qualité sont aptes à produire un vin de qualité