Pourquoi et comment la taille ?

La taille est le premier travail de la saison viticole, il débute en fin d’année, dès que les feuilles sont tombées et se poursuit jusqu’au mois de mars. C’est une tache assez longue puisque nous passons à la main tailler chaque pied de vigne. j’ai environ 7600 pieds de vigne par hectare et environ 12,5 hectares de vignes, je vous laisse calculer et voir pourquoi ce travail nous occupe autant dans l’année !
C’est aussi et surtout un étape primordiale, qui va conditionner la quantité et la répartition de la récolte donc en grande partie sa qualité.

Il existe différents systèmes de taille en fonction des régions : le cordon, le gobelet, le guyot simple, mixte et double, c’est ce derbier : le Guyot double qui est le système de taille traditionnel en Médoc.

Durant l’année 2009 des rameaux ont poussé, là ou nous avions laissé des bourgeons mais aussi certains bois « gourmands » ont poussé directement sur le cep.

Avant

Le Guyot double se nomme ainsi car il se pratique sur deux bras formés sur le ceps de façon symétrique, nous allons donc sur chaque bras laisser un « aste » et éventuellement un « cot ».

L’aste est un des rameaux qui ont poussé en 2009 durant la saison et qui va être choisi pour porter les rameaux qui pousseront en 2010. Il doit être choisi robuste ,mais pas trop vigoureux, le plus proche possible de la souche, car la vigne est une liane et a donc tendance à pousser par les extrémités, et enfin cet aste doit être orienté dans le rang et dans le bon sens. Ce doit être aussi un rameau qui a poussé assez tôt dans la saison pour que les bourgeons qu’il porte aient subit « l’induction florale » au cours de laquelle des ébauches de grappes se forment à l’intérieur du bourgeon, et qui permettront donc d’avoir de la récolte.
Une fois choisi l’aste, nous coupons tous les autres rameaux qui sont après lui.

En revenant avant l’aste nous allons choisir un cot. La vigne étant une liane, le pied de vigne a une tendance naturelle à s’allonger. Nous devons donc maitriser et éviter cet allongement afin que les grappes soient le plus proches possible des racines, réduisant ainsi la longueur des trajets de sèves (brute et élaborée) entre les racines, les feuilles et les grappes de raisin. Éviter l’allongement des ceps de vigne permet également d’empêcher qu’ils s’entrecroisent.
Le cot est donc choisi parmi les rameaux qui ne présentent pas les caractéristique nécessaires pour faire un aste mais qui se trouve plus proche du tronc que ce dernier. Ce bois est taillé très court 1 à 2 bourgeons qui sont bien orientés dans le sens du rang, et qui donneront des rameaux pouvant servir d’aste lors de la taille de l’année prochaine, évitant ainsi l’allongement des bras.

L’aste doit être attaché sur un fil de fer, appelé fil de pliage, cette opération permet de bien répartir horizontalement les rameaux qui pousseront dans la saison.
Pour pouvoir « plier » l’aste, il doit être suffisamment long, or la longueur conditionne le nombre de bourgeons et donc la quantité de récolte. La maitrise de la quantité de récolte commence donc à ce moment là. Nous savons en fonction des cépages le nombre moyen de grappes par bourgeon, ce qui nous permet de déterminer le nombre de bourgeons à laisser sur chaque aste, les bourgeons en trop sont donc éliminés.

Ces opérations sont répétées de l’autre coté du pied puisque le guyot double et une taille sur deux bras symétriques.

après

Il faut garder à l’esprit que chaque pied est différent de sons voisin et que nous devons adapter tous ces principes à chaque pied, sans appliquer bêtement une recette, nous travaillons sur du vivant !

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