C’est une honte :-(

Hier est passé un touriste qui venait de gouter mon Hourbanon 2003 au restaurant et qui l’avait trouvé « superbe », il voulait donc en acheter.
Jusque là tout va bien.
Par curiosité je lui demande à combien il est à la carte de ce petit resto à moins de 10 km de chez moi. Sa réponse m’a laissé partagé entre plusieurs sentiments : la stupéfaction, l’agacement, l’énervement, la colère voire plus …
Mon Hourbanon 2003 qui est à 9 € TTC que je vend à ce restaurateur 8.07 € TTC était à 29,5 € TTC.

C’est une honte frisant l’escroquerie !!!!!!!!!!!!!!

Si on enlève la TVA, ce restaurateur fait 17,9 € de marge brute sur mon vi soit deux fois mon prix de vente TTC.
De plus la livraison est gratuite puisqu’il est juste  à quelques kilomètres de chez moi, il ne commande que 24 à 36 bouteilles par an livrées par12 à la fois, donc pas de gestion lourde de stock ni d’avance de trésorerie importante pour le reste des charges d’un resto, vous pouvez faire les mêmes calculs que moi, et je peux vous dire que l’immobilier dans le Médoc n’a rien à voir avec celui des Champs Élysée ni du faubourg Saint Honoré !
Pour ce qui est de mon coté, je ne produit que 0,6 bouteille par mètre carré, j’emploie en moyenne 6,5 équivalent temps plein à l’année, j’ai de lourd investissements à financer ( terres, plantation, tracteurs, matériel agricole, batiments, matériel de chai, barriques etc.), je cultive ma vigne une année durant avant de récolter le raisin que je vinifie et élève pendant deux ans avant de le mettre en bouteilles, puis stocke ces bouteilles jusqu’à leur vente; soit 5 ans dans le cas du 203 en question.
Et j’arrive à faire tout cela avec seulement 9 € TTC par bouteille tandis que ce restaurateur pour juste le revendre avec du service a « besoin » de 18 €

J’ai déjà donné mon avis, j’espère que vous serez nombreux à réagir sur ce sujet pour me donner le vôtre quel qu’il soit.

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10 réponses à C’est une honte :-(

  1. Chigard dit :

    Réflexion:
    « il ne commande que 24 à 36 bouteilles par an livrées par 12 à la fois… » Pourquoi faire un prix « Restaurateur » à un tel professionnel? Je suis particulier et commande souvent plus de 50 bouteilles à l’année à des producteurs chez qui je viens enlever moi- même la marchandise …et ne bénéficie jamais du prix restaurateur…Pourtant si j’achète plus de 50 bouteilles c’est que ce vin me passionne et que j’en fais bonne Pub autour de moi( en offrant quelques bouteilles …) et renvoie bien souvent de nouveaux et nombreux clients vers ces producteurs… C’est aussi frustrant pour des particuliers comme moi de voir que de petits clients  » restaurateurs  » peuvent bénéficier de tarifs plus attirants sans être nécessairement des ambassadeurs de qualité pour vos domaines…
    Dans l’industrie les remises sont toujours faites en fonction des volumes ,des facilités de gestion du client ,de sa solvabilité , de ses moyens de paiement ( comptant ou différé ) et de son potentiel à générer de nouveau contrat ou de nouveau clients…Alors…

    • Hugues dit :

      Petite réponse à Chigard :
      Je suis absolument d’accord avec vous, et c’est ma manière de pratiquer, malheureusement certains clients nous font miroiter des commandes importantes (plusieurs centaines de bouteilles à l’année) et ne tiennent pas leurs engagements, ou bien encore certains clients commandent une seule fois une quantité justifiant la remise, et il devient ensuite difficile de renégocier les prix. Je suis donc en train de corriger ces erreur petit à petit. Et, au risque de me répéter, ma politique tarifaire ne dépend pas du type de client, mais uniquement des quantités commandées.

  2. Hugues dit :

    Merci pour ces réponses, je me demande si je ne vais pas créer un groupe Facebook sur les bon et mauvais restaurateurs, afin de faire connaitre et encourager les bons qui ne font que répercuter leurs frais et un bénéfice raisonnable,ce qui est tout à fait normal, puisque tout travail mérite salaire.

    Autre détail, les soit disant bouteilles « bouchonnées ». Je ne connais aucune autre catégorie de clients qui demandent des bouteilles en remplacement parce qu’ils ont eu de vins « bouchonnés ». Pour ma part les « mauvais » restaurateurs que je connais, et bizarrement pas les autre, en ont habituellement autour de 20%. Croyez moi si c’était le pourcentage réel, j’aurai déjà perdu tous mes clients !!!!!!

  3. Siron Laurence dit :

    Les clients des restaurants n’ont qu’à ne pas se faire plumer ! La majorité des restaurateurs n’aiment même pas le vin, ne s’y intéressent pas, et le prenne juste comme un moyen de gagner plus d’argent, souvent en en perdant sur les mets…. Un restaurateur qui offre un beau Lunch à 14 EUR avec belle entrée, plat convenable et café…demande 25 EUR pour un Saumur-Champigny (très) bas de gamme, vert et sans saveurs…. Mais lorsque je lui signale que ce vin est imbuvable, il répond que personne, à part moi, ne se plaint et qu’il est quand même complet tous les jours !!! Vous remarquez déjà ce genre de restaurateur en voyant le nombre importants d’erreurs sur la carte (orthographe, régions…).
    Que ce soit en France ou ailleurs en Europe, c’est au client à être un peu plus vigilent et à faire des remarques….
    A l’écoute de professionnels qui vendent du vin aux restaurateurs, une grande partie, en plus, paient avec des délais de plus de trois mois leurs factures… Ils n’ont aucune excuse de payer leur personnel, les taxes, leurs vacances avec l’argent encaissé sur les vins. D’ailleurs au restaurant, je règle toujours immédiatement…et vous ?? Vous avez un crédit ? Aujourd’hui, ils sont livrés le mardi, vendent et encaissent le mardi soir et paient le fournisseur plus de trois mois plus tard. ….
    Le coefficient sur les vins vient du temps (très lointains) ou les restaurateurs stockais de grands millésimes de garde, pour les sortir des années plus tard sur leur carte des vins.
    Mon conseil, aller chez des amoureux du vin….il y a beaucoup de chance qu’ils soient corrects dans leur prix…

  4. jaja dit :

    Bonjour,
    Il est vrai que beaucoup de restaurateurs abusent du coef neanmoins en cas d’un controle du fisc. Le calcul est simple pour I’ll multiplie le montant des achats vin par 3 voire 3,5
    Alors messieurs ne soyez pas si virulent…

    • Hugues dit :

      Une petite réponse à jaja :
      en cas de contrôle fiscal les contrôleurs n’ont rien à estimer du moment que le prix d’achat est justifié par les factures d’achats et que le prix de vente est étayé par les prix affichés sur la carte des vins et la concordance avec les notes éditées et les encaissements correspondants !
      Il est vrai que c’est une profession connue pour faire beaucoup de « black » (point sur lequel je ne peux pas les blâmer ! ), et donc les contrôleurs ont peut être tendance à corriger !!! Mais croyez moi, pour avoir eu 3 contrôles fiscaux (eh oui ! beaucoup de gens m’aiment ! ) les contrôleurs sont obligés de se ranger aux preuves lorsqu’il y en a.

  5. Stéphane dit :

    Les uns et les autres connaissons des restaurateurs soucieux de présenter des vins de qualité à des prix tout ce qu’il y a de raisonnable. Alors n’hésitons pas à en faire la promotion, ils vont dans la bonne direction celle de respecter le client mais également le produit par des tarifs attractifs.

    Par la même occasion, pourquoi ne pas dénoncer clairement ceux qui abusent et prennent les clients mais aussi les fournisseurs pour des « Gogos »!

    Menons ce combat, nous n’avons pas grand chose à y perdre.

  6. Hugues dit :

    Vous avez absolument raison, mais malheureusement les restaurateurs conscients de cet état de fait et prêts à essayer d’inverser la tendances ne sont pas nombreux, et pour les discours que je peux entendre, certains, trop nombreux, préfèrent encore augmenter les marges justement parce qu’ils ne vendent pas assez de vin.

    Quant au fait que les restaurateurs aient des frais (loyers, salaires etc.) j’en suis bien conscient, mais cela est démontré chiffres à l’appui que mes charges sont au moins aussi importantes, et dans 9€ TTC je fais rentrer mon cout de production, le financement de mes futurs investissements et mon bénéfice. Il m’est avis que ce restaurateur n’a pas besoin de 18 € pour ses frais sur le vin le prorata des charges générales et son bénéfice !!!! A moins qu’il ne soit trop gourmand, et c’est sous entendu dans mon raisonnement.

    N’oublions pas qu’ils bénéficient d’une TVA à 5,5% sur la partie bouche, et que les prix moyens ,selon les observateurs officiels, n’ont pas diminués et que la filière n’a créé aucune embauche après ce changement de TVA …

    Il faut que les intermédiaires comprennent qu’à force de prendre les gens pour des cons ils vont s’en rendre compte. Je suis d’ailleurs stupéfait que depuis que cet état de fait existe les consommateurs se laissent encore faire.

    Le intermédiaires et distributeurs sont nécessaires voire indispensables, mais d’après tous les chiffres dans diverses filières que je possède, les intermédiaires et distributeurs font des marges nettes 3 à 10 fois supérieures aux producteurs et fabricants, pour des risques et investissements bien moindre.

    Un peu de raison et de modération là aussi ne ferai pas de mal

  7. HOURQUET dit :

    c’est sur que la norme c’est coefficient 3 fois le prix d’achat hors taxe pour avoir le prix de vente TTC. Mais j’ai vu pire. Il est pour le restaurateur difficile de faire moins de 3 car dans un restaurant les frais de fonctionnements sont importants….salaires, loyers et autres. >Et sur le vin la TVA est à 19.6% ce sui fait marge de 60%. Et j’ai vu pire aux sables d’olonnes une bouteille de chez Michon (fiefs vendéens) à 6 euros hors taxe était vendue à 5 km 32 euros au resto….

  8. Mordelet dit :

    Vous soulevez là un énorme problème. Les marges sur nos vins réalisés par beaucoup de restaurants conduisent beaucoup de clients à ne consommer…plus de vin du tout. La crise ne fait que renforcer cet état de fait et la plainte de trouver les vins trop chers au restaurant a été récurrente de la part de nos clients cet été. Du coup cela a une incidence néfaste sur toute la filière : les restaurants vendent moins de vins et s’en plaignent, les clients se sentent volés (et nous aussi…) les vignerons vendent moins de vins…Bref, cela ne va pas pouvoir continuer longtemps. Heureusement, certains restaurants ont bien compris que ce n’est plus dans leur intérêt (et ce n’est pas pour le bien de leur image non plus) de continuer « d’assassiner » leurs clients sur le prix des vins. La prise de conscience va être longue. C’est surtout aux clients d’être vigilants et d’interpeller les restaurateurs à ce sujet.

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